As-tu dans ton entourage une personne qui est instable, une minute elle est agréable et 2 min après dans une énorme colère ? Dans ce 4ème épisode sur les personnalités difficiles, nous allons trouver des pistes pour vivre avec une personne borderline ou état limite, et l’aider.
Avant de parler de comment soutenir quelqu'un qui a ce trouble, il faut d'abord comprendre ce qu'il vit. Et pour ça, je veux te donner un cadre — pas pour que tu joues au médecin, mais pour que tu arrêtes de te demander 'mais pourquoi il ou elle fait ça ?'
Les psychiatres utilisent 9 critères pour identifier ce trouble. Il en faut au moins 5 pour poser un diagnostic. Je vais te les présenter simplement — et à chaque fois, je veux que tu te rappelles une chose : derrière chaque symptôme, il y a une blessure. Une vraie. Profonde. Mais aussi un Dieu qui la voit.
1 — La peur de l'abandon
Cette personne vit avec une terreur permanente d'être quittée. Pas juste une inquiétude . Il suffit d’arriver 5 min en retard à un rdv et elle panique. Son système intérieur crie : 'tu m'abandonnes'. Ce n'est pas un caprice. C'est une terreur.
2 — Les relations en montagnes russes
Un jour tu es son/sa meilleur(e) ami(e), le lendemain tu es son ennemi(e) sans comprendre ce qui s'est passé. Tout est soit tout blanc, soit tout noir. Le gris n’existe pas.
3 — L'identité fragmentée
Elle ne sait pas vraiment qui elle est. Ses valeurs, ses goûts, ses convictions. Tout peut changer du tout au tout. C'est déroutant pour l'entourage, mais imagine ce qu’elle vit.
4 — L'impulsivité
Des achats compulsifs, des décisions prises en une seconde, des comportements à risque... Ce n'est pas de l'irresponsabilité morale. C'est une difficulté réelle à réguler les élans intérieurs."
5 — L'automutilation et les pensées suicidaires
Ces comportements font peur à l'entourage , et c'est normal. Pour la personne borderline, c'est souvent une façon de gérer une douleur émotionnelle très intense qui lui semble insupportable. Ce n'est pas un chantage calculé. C'est un cri, elle veut à tout prix arrêter cette douleur. Cela mérite une réponse professionnelle.
6 — Les émotions qui s'emballent
Elle peut passer de zéro à cent en quelques secondes. Une remarque anodine peut déclencher une crise intense. Son thermostat émotionnel est hypersensible. C’est dur pour nous mais elle est la 1ère à en souffrir.
7 — Le vide intérieur
Un sentiment profond, chronique, de ne rien ressentir, ou de ne pas exister vraiment. C'est pour combler ce vide que certains se tournent vers des comportements excessifs.
8 — La colère explosive
Des explosions de colère qui semblent disproportionnées. Et souvent, aussitôt après, une honte intense. Elle ne veut pas être comme ça. Elle ne choisit pas de l'être.
9 — La dissociation
Dans les moments de stress intense, elle peut se 'déconnecter' d'elle-même — sentir qu'elle flotte au-dessus de sa vie, ou que le monde n'est pas réel. C'est le système nerveux qui se protège d'une surcharge.
Est-ce que tu reconnais quelqu'un dans cette liste ? Ces 9 critères ne définissent pas une personne. Ils décrivent des blessures. Et les blessures, Dieu les connaît toutes par leur nom."
Ésaïe 53.3 parle de Jésus, 'Il était méprisé... un homme de douleur, familier avec la souffrance.' Jésus n'est pas étranger à la détresse intérieure. Il en a porté le poids."
Evidemment, cette personne a besoin de toi, mais comme soutien et pas comme thérapeute. Premièrement tu n’es pas formé pour cela, moi non plus, Deuxièmement même les chirurgiens ne soignent pas leur propre famille.
Elles ont besoin dans leur quotidien de personnes bienveillantes, qui comprennent leur trouble et qui ne les jugent pas. Voici ce que tu peux faire :
1) Tout d’abord bien te renseigner, pour pouvoir reconnaître les symptômes.
2) valider ses émotions, mais pas forcément ses réactions
3) Sois solide, elle a besoin de quelqu’un qui ne va pas s’effondrer au 1er clash, quelqu’un sur qui elle peut compter. Proverbes 17 :17 « Un ami aime en tout temps »
4) Sois prévisible. Si tu promets quelque chose, fais tout ton possible pour tenir ta promesse. Sinon, un sentiment d’abandon, ou de perte de valeur peut vite arriver.
5) Encourage-la à consulter. Ce trouble de la personnalité est un où l’on voit d’excellents progrès, surtout avec la Thérapie Comportementale Dialectique. Il ne faut pas hésiter. Elle aura toujours sa propre personnalité mais aura aussi appris à gérer les extrêmes, à se réguler, et sa qualité de vie sera bien meilleure.
Et bien sûr, évite de :
1) t’emporter lors de ses crises, cela ne fera qu’empirer les choses
2) de critiquer sans réfléchir avant, et sans bien choisir ses mots
3) lui faire ressentir qu’elle est cassée et qu’elle a besoin d’être réparée. Lorsqu’on voit quelqu’un qu’on aime souffrir on veut l’aider et elle peut croire que nous désirons plutôt la changer elle, pas son trouble. J’ai été coupable de ceci.
Tout d’abord, tu n’es pas appelé à sauver, mais à accompagner. C’est Dieu qui est responsable de sauver cette personne, comme il le trouve bon, souvent avec l’aide de personnes formés pour.
C’est vrai, dans Galates 6 :2 il nous demande de : « Portez les fardeaux les uns des autres » mais 3 versets plus tard, il dit : « car chacun portera son propre fardeau » d’autres versions disent responsabilité. Il y a des fardeaux qu’on peut porter à plusieurs, mais le chemin de guérison ne peut être fait que par la personne elle-même.
Nous avons déjà vu comment nous pouvons l’aider à porter ce fardeau ? Mais tu portes aussi ce fardeau qui peut être très lourd.
1) Jésus nous dit « Venez à moi, vous tous qui êtes chargés et fatigués et je vous donnerai du repos ». Oses aller à lui, et décharge-toi sur lui. Il t’invite à le faire.
2) Prends soin de toi : Si tu t'effondres, tu ne peux plus rien offrir. Il est important de dormir, d’avoir des amis en dehors de cette relation. Consulter toi-même un professionnel ou une accompagnatrice spirituelle peut vraiment t’aider. Ne reste pas seule avec ce fardeau.
3) Établis de saines limites : Une limite, c'est quelque chose que TU poses sur TOI — pas quelque chose que tu imposes à l'autre. Tu ne peux pas contrôler ce que l'autre fait. Tu peux seulement décider de ce que toi tu feras ou ne feras pas. Pose-les avec la méthode en 3 temps 1) exprime tes besoins, 2) énonce clairement la limite 3)offre une alternative possible. Voici quelques exemples :
Sur la disponibilité : "Je t'aime et je suis là pour toi. Et je ne réponds pas aux messages après 22h. Pas parce que tu ne comptes pas — mais parce que j'ai besoin de me reposer pour être vraiment présente quand on se parle."
Sur les crises verbales : "Quand la conversation devient violente, je vais raccrocher ou quitter la pièce. Ce n'est pas pour te punir. C'est parce que je ne peux pas t'aider correctement dans ces moments-là — et continuer cela ne fait du bien ni à l'un ni à l'autre."
On arrive à la fin de cet épisode — et je réalise qu'on a couvert beaucoup de terrain ensemble aujourd'hui. Laisse-moi te résumer l'essentiel en trois phrases.
Comprendre, d'abord. Le trouble borderline n'est pas un défaut de caractère, ni un manque de foi. C'est une blessure profonde qui a besoin d'un regard éclairé — et d'une grâce immense.
Se protéger, ensuite. Poser des limites saines n'est pas trahir l'amour chrétien. C'est lui donner les conditions pour durer.
Et espérer, enfin. La guérison est possible, humainement et spirituellement. Dieu n'a pas fini son œuvre dans sa vie ni dans la tienne.
Seigneur, je veux te remercier de ce que tu sais toutes choses, et tu connais tout le monde. Tu connais chaque personne qui écoutes ces mots aujourd’hui. Tu connais le nom de celui ou celle qu'elle porte dans son cœur. Cette personne qu’elle aime, qui est difficile à aimer, parfois épuisante, mais tellement précieuse à tes yeux.
Je te demande de toucher cette personne là où elle souffre le plus profondément. Je te prie aussi de te révéler à la personne qui l’ accompagne, celle qui écoute. Tu vois chaque effort invisible, chaque prière murmurée, chaque fois qu'elle a choisi la grâce quand elle aurait pu choisir la fuite. Je te prie de lui donner ta sagesse de savoir quand avancer et quand s'arrêter, le courage de poser des limites sans se sentir coupable. Et de lui donner la paix profonde qui ne dépend pas de la guérison de l'autre — mais de ta présence à toi.
Merci Seigneur parce que tu es présent, tu es près de nous. Tu es un Dieu qui guérit et nous te faisons confiance.
Sur les menaces suicidaires répétées : "Ce sujet est trop sérieux pour que je le gère seul(e). Si tu me parles de te faire du mal, je vais t'encourager à appeler un professionnel — et je peux t'aider à le faire. Mais je ne peux pas être ta seule bouée."
Sur les demandes excessives : "Je peux te donner du temps et de l'attention — et pas à n'importe quelle heure, ni chaque jour. J'ai aussi d'autres personnes et responsabilités dans ma vie. Ce n'est pas un rejet."
Sois ferme sur tes limites, car elle les testera c’est sûr. Prépare tes réactions à l’avance.
En ton nom Seigneur, Amen
Et si aujourd'hui tu te sens à bout — si tu te demandes combien de temps encore tu pourras tenir — je t'encourage à ne pas rester seul(e) avec ça. Parle à quelqu'un de confiance. Consulte un professionnel. Rejoins une église qui peut te soutenir.
Tu peux aussi me laisser un message sur [email protected], et je te rappellerai.
A la semaine prochaine !